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SONDAGE EXCLUSIF 2027. La chute de Philippe, relégué derrière Mélenchon

Mauvaise nouvelle pour Edouard Philippe : l’ancien Premier ministre n’avait déjà pas réussi à enclencher une dynamique dans sa campagne, il chute désormais dans les intentions de vote et se classe bon troisième, derrière Jean-Luc Mélenchon.

Le maire du Havre perd 3 points dans une nouvelle enquête réalisée par l’institut Cluster 17 pour POLITICO, du 19 au 20 octobre, passant de 19% à 16% des intentions de vote, par comparaison avec notre étude précédente réalisée les 15 et 16 septembre. Il est désormais nettement devancé par Jean-Luc Mélenchon, qui, lui, est quasiment stable à 18,5% (-0,5).

A ce stade de la campagne, l’Insoumis est donc le mieux placé pour se qualifier pour le second tour face à Marine Le Pen, quelles que soient les configurations.

La candidate du RN, elle, ne pâtit manifestement pas de la révélation par Mediapart fin septembre d’anciens écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, et reste hyperfavorite du premier tour, avec 33% d’intentions de vote lorsque Philippe représente le bloc central, contre 31% dans notre dernière enquête.

A noter : fraîchement auréolé de sa victoire dès le premier round à la primaire du PS et de Place publique, Raphaël Glucksmann, lui, passe de 12% à 13% des intentions de vote, en légère dynamique. Dans le détail, selon Cluster 17, le social-démocrate récolterait 29% des voix des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022, ce qui explique en partie pourquoi seuls 49% d’entre eux voteraient Philippe.

“Glucksmann progresse parce que Philippe ne s’adresse pas assez à l’aile sociale-démocrate de l’espace modéré”, note Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17.

Retailleau doublé par Lisnard

Quant au candidat des Républicains, Bruno Retailleau, il ne décolle toujours pas, mais se maintient avec 7,5%-8% des intentions de vote. Il a toutefois une nouvelle raison de s’inquiéter : lorsque David Lisnard, étiqueté Nouvelle Energie, est testé lui aussi, il atteint les 8%, grappillant des points à Le Pen (30,5%), Retailleau (7%), ainsi qu’Eric Zemmour (qui passe de 4% à 3,5%).

La cote du maire de Cannes, pourtant encore méconnu d’une partie des Français, s’explique parce qu’il “répond à une forte demande de libéralisme du centre et même de miléisme des très conservateurs”, commente Jean-Yves Dormagen, en référence au président argentin Javier Milei.

Testée également par Cluster 17, l’hypothèse d’une candidature de Gabriel Attal à la place de celle d’Edouard Philippe ne donnera guère plus d’espoir aux partisans du bloc central : le secrétaire général de Renaissance recueillerait 12% des voix aujourd’hui, contre 13,5% selon le même institut au mois de septembre. Dans ce scénario, Jean-Luc Mélenchon grimperait lui à 19,5% et Raphaël Glucksmann à 14%.

(*) Sondage réalisé du 19 au 22 octobre auprès d’un échantillon de 3 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus grâce à la méthode des quotas. L’enquête a été réalisée via un questionnaire autoadministré en ligne. La marge d’erreur est comprise entre 0,8 et 1,8 point.

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Le coût des ex-Premiers ministres a baissé de 500 000 euros

PARIS — Voici une ligne budgétaire symbolique qui va dégonfler en 2026. Selon un document parlementaire consulté en avant-première par POLITICO, le coût des avantages réservés aux anciens Premiers ministres est estimé à environ 1,2 million d’euros, en baisse d’un demi-million d’euros par rapport à 2025 (1,72 million). Une baisse d’une ampleur inédite depuis 2019, selon les données rassemblées par la députée Marie-Christine Dalloz (LR) dans son rapport spécial au projet de loi de finances.

La diminution a deux explications. D’abord, la disparition de Lionel Jospin en mars et d’Edouard Balladur en août, qui mobilisaient les moyens mis à leur disposition à hauteur de 260 000 euros en 2025. Ensuite, le décret pris par Sébastien Lecornu à son arrivée à Matignon qui met fin, depuis le 1er janvier et de manière rétroactive, à la possibilité pour ses prédécesseurs de bénéficier d’un chauffeur avec véhicule de fonction, dix ans après avoir quitté leurs fonctions.

En théorie, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault et Edith Cresson ont donc perdu cet avantage. Sauf que cette dernière a obtenu le maintien de cette largesse d’après Mediapart.

Quant à Jean-Pierre Raffarin, il dispose toujours d’un véhicule fourni par le Quai d’Orsay, au titre d’une “mission officielle temporaire et non rémunérée quant aux relations sino-françaises”, avait-il expliqué à l’AFP, après que celui-ci a été impliqué dans un accident à Paris en juin.

Cette réforme devrait faire économiser quelques centaines de milliers d’euros à l’Etat, plus que jamais en quête d’économies. L’enveloppe devrait rester stable par la suite : “La prévision pour 2027 est proche de celle de 2026”, écrit Marie-Christine Dalloz.

Pour rappel, les anciens Premiers ministres bénéficient d’un secrétariat particulier pendant dix ans après la fin de leurs fonctions, et ce jusqu’à 67 ans (ou dix ans pour ceux qui ont quitté Matignon avant 2019, quel que soit leur âge). L’octroi d’un chauffeur avec voiture était un avantage “à vie”, avant la limitation dans le temps introduite par le décret Lecornu.

Interrogée par POLITICO, la députée constate cependant que, de la part des intéressés, “il n’y a pas de volonté de réduction, il y a une utilisation des enveloppes allouées, point final”.

Marie-Christine Dalloz souhaite donc limiter ces deux avantages à cinq ans, dans un amendement qu’elle défendra jeudi en commission des Finances au budget 2027. Economies espérées, l’année prochaine : 520 000 euros.

Attal, Borne, Barnier : trois députés avec chauffeurs

Dans cette enveloppe globalement en baisse, l’ex de Matignon Gabriel Attal fait gonfler l’addition. Sa voiture avec chauffeur a entrainé une dépense, l’année dernière, de plus de 145 000 euros. Contactée, son équipe n’a pas souhaité nous répondre.

En tant que député, il n’a pas le droit à un secrétariat particulier, tout comme Elisabeth Borne. En 2025, l’ex-Première ministre a coûté 26 450 euros. Un montant moins élevé que son successeur à Matignon, qui s’explique par le simple fait qu’elle a été ministre de l’Education nationale jusqu’au 12  octobre 2025. Tous frais compris, ses avantages s’étaient élevés à 110 779 euros en 2024.

François Bayrou a bénéficié d’une voiture de fonction dès son départ de Matignon pour des raisons de sécurité. “Il ne voulait pas de protection en quittant Matignon”, assure un membre de son entourage, mais on lui a opposé une fin de non-recevoir. Lui comme Michel Barnier, âgés de 75 ans, ne peuvent plus bénéficier d’un secrétariat particulier.

Laurent Fabius retrouve aussi l’usage de ces avantages, après avoir quitté sa fonction de président du Conseil constitutionnel en mars 2025.

Edouard Philippe, en tant que maire du Havre, ne peut pour l’instant pas en profiter.

Depuis 2019, Dominique de Villepin et Bernard Cazeneuve, aujourd’hui associé du cabinet d’avocats August Debouzy, se disputent la place de l’ex-chef du gouvernement le plus coûteux. C’est toujours vrai en 2025, en utilisant respectivement des moyens publics à hauteur de 209 597 et 197 007 euros.

NDLR : Paul de Villepin, coauteur de cet article, est un parent éloigné de Dominique de Villepin

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Perquisitions au Parlement européen dans une enquête visant l’ancien groupe du RN

STRASBOURG — Des agents sous l’autorité du Parquet européen ont procédé mercredi matin à une perquisition dans les bureaux des équipes du groupe d’extrême droite des Patriotes au Parlement européen.

Ces perquisitions s’inscrivent dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons d’irrégularités dans l’utilisation de fonds européens et visant l’ancien groupe Identité et démocratie (ID). En 2025, le service financier du Parlement a constaté que ce dernier avait dépensé 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024 en dons et appels d’offres irréguliers. Le Parquet européen, chargé d’enquêter sur les infractions financières portant atteinte au budget de l’Union européenne, a ouvert une enquête sur la base des rapports du Parlement.

“Depuis ce matin, des perquisitions sont en cours au sein du Parlement européen à Strasbourg, où nous nous trouvons, visant les bureaux des collaborateurs de l’ancien groupe Identité et démocratie”, a relaté sur X Jean-Paul Garraud, président de la délégation des députés européens du RN.

Les perquisitions ont eu lieu dans les bureaux du secrétariat général du groupe, selon deux responsables qui ont souhaité garder l’anonymat pour s’exprimer au sujet de l’enquête en cours.

Lorsqu’ID a été dissous en 2024, bon nombre de ses membres ont rejoint les Patriotes, notamment des élus du Rassemblement national, du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), du Fidesz hongrois, du Vlaams Belang (Intérêt flamand) belge, de l’ANO 2011 tchèque et du parti espagnol Vox.

Dans un communiqué, les Patriotes insistent sur le fait qu’il n’existe “aucune continuité juridique” avec le groupe ID, et qu’ils “ne sont pas visés” par les perquisitions.

Les soupçons portent sur l’utilisation du budget alloué chaque année par le Parlement européen aux groupes politiques pour couvrir leurs frais administratifs et opérationnels. Le Parquet européen enquête pour déterminer si le groupe ID a versé des dons irréguliers à des organisations régionales dans plusieurs pays de l’Union européenne, et s’il a enfreint les règles relatives aux appels d’offres dans le cadre de contrats attribués à des entreprises proches du groupe.

En 2025, le service financier a ordonné aux Patriotes de restituer 276 967 euros de fonds européens qui, selon lui, auraient été indûment dépensés au cours du second semestre 2024, dans le cadre de procédures d’appel d’offres irrégulières similaires.

“Comme toujours lorsqu’on le lui demande, le Parlement coopère avec les autorités compétentes. Nous n’avons pas d’autres commentaires à faire”, a déclaré un porte-parole du Parlement européen dans un SMS.

Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Jean-Christophe Catalon.

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Fonds publics détournés : pourquoi la Cour des comptes européenne pourrait avoir plus de mal à les repérer

La volonté de la Commission européenne de rendre les milliards de l’UE plus réactifs aux crises à venir pourrait aussi les rendre plus exposés aux risques d’abus, avertit la Cour des comptes européenne.

Son président Tony Murphy alerte que les principaux piliers de la réforme du budget à long terme de l’UE, élaborée par la Commission, risquent de brouiller la vision des agents chargés de veiller à ce que les fonds publics soient dépensés comme prévu.

“Il nous est plus difficile de suivre l’argent”, a-t-il souligné. “On dit à l’Etat membre : ‘Voici une somme considérable, et vous faites en sorte que tout est en ordre.’ C’est en quelque sorte d’autocontrôle.”

Cet avertissement intervient alors que l’épineux débat du montant du budget 2028-2034 de l’UE est au menu du sommet des dirigeants européens à Bruxelles cette semaine, et que la Cour a constaté une augmentation des irrégularités dans l’utilisation des fonds publics.

Outre le montant total des moyens, se pose la question de leur répartition. Après un cycle budgétaire marqué par la pandémie, les guerres et les conséquences du changement climatique, la Commission souhaite rendre le prochain budget plus agile. Pour ce faire, elle prévoit d’en affecter environ la moitié — soit près de 1 000 milliards d’euros sur sept ans — à une enveloppe unique dans laquelle les pays pourront puiser pour remplir leurs objectifs dans des domaines comme l’immigration, l’agriculture ou le développement régional.

Ces fonds destinés à l’agriculture et au développement régional — souvent octroyés sous forme de subventions aux exploitations agricoles et aux projets locaux — sont depuis longtemps exposés à la fraude et aux détournements.

Selon Tony Murphy, accorder aux gouvernements nationaux une plus grande marge de manœuvre pour réorienter leurs dépenses rendrait le suivi de ces dernières encore plus difficile.

“Il y aura une certaine flexibilité, mais à quel prix ?”, a-t-il soulevé lors d’une interview. Une grande partie du contrôle dépendra des mesures de surveillance que chaque pays a déjà mises en place.

D’autant que les irrégularités dans l’utilisation des fonds du budget de l’UE sont en hausse. Les erreurs de versement se sont élevées à 5 milliards d’euros l’année dernière, selon le dernier rapport de la Cour des comptes européenne.

Dans le prochain budget de l’UE, il pourrait même s’avérer impossible d’estimer ce chiffre, a prévenu Tony Murphy, car les auditeurs de chaque pays ont des rôles et des méthodes de travail différents. “Année après année, nous avons constaté que le travail de ces autorités d’audit n’est pas entièrement fiable”, a renchéri son chef de cabinet, Wolfgang Stolz, lors de l’entretien.

Dans un communiqué, la Commission a défendu sa proposition, soulignant que les “principes fondamentaux” du système de contrôle actuel resteraient en vigueur. Les autorités nationales “fonctionnent bien”, a-t-elle affirmé, tout en précisant qu’elle se réservait le droit de demander aux Etats membres de “modifier le plan ou de mettre en place des mécanismes de correction si nécessaire”.

Des fonds mélangés aux budgets nationaux

L’une des innovations proposées par la Commission consiste à intégrer la politique agricole commune (PAC) — qui constituait jusqu’à présent une ligne budgétaire à part entière — dans un fonds gigantesque appelé plan de partenariat national et régional.

Tony Murphy a souligné qu’il ne prônait pas un modèle plutôt qu’un autre. Mais à mesure que les fonds européens s’intègrent de plus en plus aux budgets nationaux, il sera plus difficile pour Bruxelles de contrôler où va réellement son argent. La PAC est plus facile à contrôler lorsqu’“elle n’est pas mélangée à ce méli-mélo”, a estimé le président de la Cour des comptes européenne.

Les articles de presse sur des subventions agricoles versées pour de faux pâturages en Grèce ou sur des fonds destinés à soutenir le tourisme rural en Slovaquie qui financent de luxueuses villas pour les riches illustrent de manière frappante la difficulté de contrôler ces versements dans le cadre du système actuel.

Et le modèle sur lequel repose le nouveau système de dépenses — le fonds de relance post-Covid de l’UE — n’est pas de bon augure, a pointé Tony Murphy. Si les pays ont désormais plus de facilité à affecter les fonds là où ils sont nécessaires, les dépenses sont également devenues plus opaques. Les nouveaux plans nationaux ont été élaborés selon le même modèle.

Dans le cadre du système budgétaire actuel, la Cour des comptes européenne peut se rendre physiquement sur place dans une exploitation agricole bénéficiant de fonds européens. En revanche, dans le cadre du fonds de relance post-Covid, l’UE ne publie chaque année que la liste des 100 principaux bénéficiaires.

“Ce n’est pas très transparent. Je veux dire, où va réellement l’argent de l’UE ? C’est ça qui compte”, a insisté Tony Murphy. “On a un fonds qui regroupe différentes politiques publiques, avec des objectifs et des échéances complètement différents, des mécanismes de mise en œuvre différents et moins de prévisibilité.”

Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Jean-Christophe Catalon.

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